La chasse aux « calots » à l’hôpital

La chasse aux « calots » à l'hôpital

Question publiée au JO le : 23/12/2025

Mme Ersilia Soudais alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la chasse aux « calots » à l'hôpital. Le 8 décembre 2025, le journal Mediapart rapportait qu'une infirmière de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière avait fait l'objet d'un licenciement pour avoir porté un calot, pratique pourtant courante et largement répandue au sein des établissements hospitaliers. Sept années d'exercice irréprochable, assorties d'appréciations unanimement élogieuses (« très appréciée de ses collègues, des médecins, mais également de l'encadrement », « à l'écoute », « soucieuse de la qualité de la prise en charge des patients »), n'auront pas suffi à préserver Madjouline d'une véritable chasse aux couvre-chefs, révélatrice d'une islamophobie à peine voilée. Effectivement, Blandine Chauvel, élue du syndicat Sud santé à la Salpêtrière, indique que les personnes visées par ces rappels à l'ordre sont, de manière récurrente, des soignantes musulmanes ou perçues comme telles. Selon ses déclarations, ce sont des centaines de professionnelles de santé qui seraient concernées par de telles pratiques. Pour le seul hôpital de la Pitié-Salpêtrière, vingt cas similaires ont d'ores et déjà été recensés, parmi lesquels neuf soignantes ont été licenciées. Des témoignages concordants font par ailleurs état de faits identiques à Marseille, à Lyon ou encore à Rennes. Si le principe de laïcité impose aux agents du service public une obligation de neutralité, celle-ci concerne naturellement l'interdiction du port de signes religieux ostensibles. Or le calot, petit bonnet couramment porté en bloc opératoire, ne saurait, par nature, être assimilé ni à un signe religieux, ni à un signe ostentatoire. De la même manière que des professionnels portent des charlottes dans le secteur de la restauration, les soignants portent des calots dans le domaine hospitalier, sans que cela ne renvoie à une quelconque manifestation de prosélytisme religieux. Tel était, entre autres, le cas de Madjouline depuis 2018, laquelle n'avait, jusqu'alors, jamais fait l'objet de la moindre observation. Plusieurs membres du personnel soignant attestent par ailleurs n'avoir jamais été convoqués par la direction pour le port du calot. Comment expliquer un tel traitement différencié, sinon par une volonté manifeste de discriminer des femmes musulmanes ou perçues comme telles ? Pour rappel, l'article 1er de la Constitution dispose que la France « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de religion ». En outre, dans une décision rendue en 2020, le Conseil d'État a affirmé que le seul port de la barbe par un médecin ne saurait être regardé, en soi, comme la manifestation d'une conviction religieuse. En l'espèce, la direction de l'hôpital de Saint-Denis avait exigé qu'un praticien coupe sa barbe, sa longueur étant jugée prétendument ostentatoire. Alors même que les gouvernements successifs n'ont eu de cesse de fragiliser l'hôpital public par des coupes budgétaires, que près de 15 000 postes d'infirmiers demeurent vacants dans les hôpitaux selon la Fédération hospitalière de France, l'islamophobie mine l'institution hospitalière. Un service de pédiatrie a même dû procéder à la fermeture de lits suite au renvoi de deux soignantes pour le seul port d'un calot. Une telle situation illustre combien le racisme constitue un poison pour la société, tant des décisions fondées sur des motifs ahurissants peuvent produire des effets d'une extrême gravité sur la continuité du service public et plus largement sur la population. « Quelle perte de temps et d'énergie ! Perdre du personnel pour de telles raisons est totalement délirant », déplorent des médecins de l'hôpital, à juste titre. Ainsi, face à cette situation à la fois ubuesque et profondément inadmissible, elle lui demande quelles réponses concètes elle entend apporter afin que les personnels soignants ne soient plus menacés de licenciement en raison de leur religion réelle ou supposée.

Texte de la réponse 

Réponse inadaptée face aux propos choquants de Brigitte Macron

Réponse inadaptée face aux propos choquants de Brigitte Macron

Question publiée au JO le : 23/12/2025

Mme Ersilia Soudais interpelle Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, sur sa réponse inadaptée face aux propos extrêmement choquants de la première dame qualifiant les militantes du collectif #NousToutes de « sales connes ». « S'il y a les sales connes, on va les foutre dehors » : telles ont été les insultes proférées à l'encontre des militantes du collectif #NousToutes par la première dame lors du spectacle d'Ary Abittan aux Folies Bergères. Pour rappel, les militantes avaient brièvement interrompu la veille ce même spectacle en scandant « Abittan violeur » lorsque celui-ci était sur scène. Loin d'innocenter celui-ci, l'instruction avait conclu à un non-lieu, faute d'éléments à charge et ce malgré un examen clinique de la victime compatible avec un viol. Interrogée sur les propos de Brigitte Macron, Mme la ministre a affirmé au micro de Franceinfo ne pas aimer la méthode utilisée pour dénoncer les propos de Brigitte Macron sous prétexte qu'ils ont été proférés « en coulisses », soit dans un cadre intime. Elle a également souligné l'engagement personnel de la première dame sur la question des violences faites aux femmes. Mme la ministre n'est aucunement revenue sur le caractère injurieux et problématique des propos de Brigitte Macron. Érigée comme une des grandes causes du quinquennat d'Emmanuel Macron, la lutte contre les violences faites aux femmes n'a pas connu de réelles avancées, notamment en matière de moyens. Mme la ministre avait elle-même insisté sur le fait que les victimes sortent broyées par le traitement judiciaire et avait souligné les difficultés pour les victimes de s'exprimer et de porter plainte. Mme la ministre ne peut donc ignorer que les violences faites aux femmes et aux enfants sont systémiques dans le pays et que les chiffres sont vertigineux. En effet, on estime que 600 000 femmes de plus de 18 ans sont victimes de violences en France et qu'un ou une enfant est agressé sexuellement toutes les trois minutes. Dans 96 % des cas, l'agresseur est un homme. Fort heureusement, les injures proférées par la première dame ont été dénoncés en masse, sous la forme d'un hashtag propulsé par de nombreuses féministes et personnalités publiques et partagé par des milliers de personnes pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Elle lui demande donc comment une ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes peut se montrer si complaisante face à des propos injurieux envers des militantes qui luttent contre les violences faites aux femmes et si elle trouve que cette complaisance est compatible avec ses fonctions.

Texte de la réponse 

Manifestation contre les Violences Sexistes et Sexuelles

Les Droits des Femmes est un combat que je porte depuis mon premier mandat. Il me semblait indispensable d'aller manifester contre les VSS faites aux femmes, le 22 novembre, entourée de groupes féministes tels que NousToutes ou tout simplement des citoyen.ne.s.

Ciné-débat à Mitry-Mory : « Le voile : on va arrêter de se laisser faire ! »

Le 10 octobre dernier s'est déroulé le ciné-débat autour du documentaire : "Le voile : on va arrêter de se laisser faire !", en compagnie de Brahim Ben Ali, syndicaliste, Hafiza B. Kreje, militante du NPA l'Anticapitaliste et Monira Moon, militante antiraciste et décoloniale. Le mois dernier encore, au nom de la "neutralité", Gérald Darmanin a visé à nouveau le voile au sein de l'Ecole de la magistrature, suite à la présence, depuis deux ans, d'élèves portant le foulard au sein de cette institution.

L'hostilité sociale envers les musulmans en France s'incarne dans la multiplication de discours et de pratiques islamophobes, véhiculés notamment à travers la question du port du foulard. La Commission nationale consultative des droits de l'Homme estime que 70 à 80 % des actes islamophobes répertoriés ciblent les femmes musulmanes, identifiées comme telles par le port du foulard.

Cette spécificité genrée de l'islamophobie est trop souvent ignorée dans les politiques publiques alors que les femmes qui portent le foulard cristallisent toutes les haines et se trouvent à l'intersection de plusieurs formes de discriminations : sexistes, racistes et religieuses.

C'est pourquoi, en partenariat avec le NPA l'Anticapitaliste, un ciné-débat a été organisé, où les premières concernées s'expriment sur les attaques dont elles sont victimes au quotidien, appuyées par l'éclairage de spécialistes.

Lancement de la Mitryenne

Présente ce matin au lancement de la Mitryenne, une marche solidaire qui s'inscrit dans le cadre du Mois de l'égalité à Mitry-Mory et qui permet de mettre en avant des associations qui œuvrent pour les droits des femmes.

Merci aux organisatrices et à la municipalité.

Rencontre avec des associations féministes au Sénégal

Ciné-débat autour de « La Révolte des femmes de chambre »

Très beau ciné-débat hier soir à Lagny-sur-Marne autour de "La Révolte des femmes de chambre", en compagnie de Rachel Keke à l'Assemblée et de Sylvie. Je remercie chaleureusement le Cinéma le Cinq et Philippe pour avoir permis cette diffusion et ces échanges.

Rencontre avec Femmes Solidaires

J'ai rencontré à Mitry-Mory l'association Femmes Solidaires, Mitry Mory, avec qui nous avons abordé les violences sexistes et sexuelles, et la précarisation des femmes.

Rencontre avec l’association N’être Mère

Formidable rencontre aujourd'hui avec deux femmes qui ont créé récemment l'association N'être mère à #ClayeSouilly dans la Circo7707. Nous avons parlé de santé périnatale et de l'importance pour les femmes de ne pas être cantonnées à un rôle de mère.

Octobre Rose à Lagny

Déplacement à Lagny à l'occasion de l'opération Octobre Rose. En rencontrant les associations présentes, j'ai pu avoir des échanges très riches, notamment au sujet de l'importance de l'auto-palpation régulière des femmes. Un réflexe décisif dans la lutte contre le cancer du sein. Dans le cadre de la Délégation aux Droits des Femmes, je compte bien porter ces questions de sensibilisation par le biais de budgets adaptés et à la hauteur des enjeux car le cancer du sein reste le plus fréquemment observé chez les femmes. Pourtant, dépisté tôt, c'est l'assurance d'une survie à 5 ans dans 99% des cas.